
La négociation de la politique salariale se poursuit avec notamment une prochaine réunion mercredi 30 mars ; gageons que ce ne sera pas la dernière
Toutes les organisations syndicales partagent le même constat : nous sommes loin d’une proposition acceptable.
La CFE-CGC le dit depuis des mois
- Renforçons les équipes là où c’est nécessaire,
- Redonnons à tous les salariés un nouveau souffle et une nouvelle envie de se battre via une politique salariale reconnaissante et motivante.
⇒ On a l’impression d’assister à une étude de cas dans un cours d’introduction aux risques psychosociaux. D’autant plus regrettable que derrière ce gâchis se joue la santé des salariés (30% d’entre eux sont en situation d’hyperstress), l’indépendance de l’Europe pour son accès à l’espace et … nos emplois !CONVERGENCE DES ANALYSTES :
« La situation actuelle (retard d’Ariane 6 vol 1 de plus de 2 ans) tient ses racines notamment dans /1/ une trop grande confiance dans le développement d’Ariane 6 (dont la fin prématurée d’Ariane 5), /2/ le fait que lancer Soyuz était économiquement plus intéressant qu’Ariane 5, ainsi que /3/ trop d’optimisme managérial et /4/ une vision de l’entreprise principalement financière et pas assez stratégique. »
Redonner aux salariés les moyens des ambitions d’ArianeGroup
* : indicateurs = « KPI » en langage Direction ⇒ Il serait dramatique pour le climat social, et catastrophique pour les programmes qui ont été confiés à ArianeGroup (Ariane 6, activités balistique & hypersonique …), que la Direction réduise la politique salariale 2022 à une équation financière. ⇒ De même, il faut arrêter d’épuiser les équipes dans un reporting financier permanent et arrêter de changer les organisations (POM, Agile, Shift, …). A quoi bon avoir des comptes à l’équilibre si sa contrepartie se révèle mortifère ?LA CFE-CGC L’AFFIRME :
Au lieu de faire le focus sur des indicateurs* parfois hors sol et qui fatiguent les salariés, la Direction d’ArianeGroup doit prendre la mesure de la situation qu’ils subissent depuis plusieurs années.
Elle ne peut pas se permettre d’ajouter un nouveau motif de mécontentement avec une politique salariale socialement inacceptable.
- Echec d’Ariane 6,
- Perte de la confiance de nos clients civil et militaire,
- Diminution du Carnet de Commande,
- Démissions en cascade,
- Multiplication des risques psychosociaux,
- …
- 1% de masse salariale supplémentaire c’est +4M€ de masse salariale hors cotisations sociales ; c’est aussi moins de 0,2% du Chiffre d’Affaires de la société …
- La Direction a provisionné plusieurs dizaines de M€ pour mettre en œuvre sa RCC, elle doit pouvoir mettre sur la table quelques M€ pour « penser à ceux qui restent » !
A bon entendeur …
La crise actuelle nous rappelle que l’indépendance (stratégique, énergétique, militaire, médicale, …) est un facteur d’une importance capitale. Aussi la prise de conscience doit être totale : l’indépendance a un coût ! La France, puissance stratégique possédant l’arme de dissuasion nucléaire, qui a un coût pour le contribuable, est de fait entendue dans un monde globalisé, malgré sa taille et sa population qui, au regard d’autres nations, fait figure de « petit pays ». Il en va de même pour l’accès indépendant à l’espace : il a un coût, tout le monde n’a pas cette capacité et, même dans un monde qui change on ne s’improvise pas leader du spatial. D’ailleurs SpaceX a réussi en cassant les codes mais pas sans moyens car la NASA paie très cher ses services. ⇒ La CFE-CGC l’affirme : Ariane 6 doit être une réussite et, même si la raison doit l’emporter, les moyens doivent être mis sur la table pour que les salariés puissent travailler sereinement et faire de ce programme une fierté nationale et Européenne !À bon entendeur…QUE LA DIRECTION NE S'Y TROMPE PAS :
Ce ne sont pas les quelques millions d’€ mis en plus pour motiver les salariés qui mettront l’entreprise en péril mais bien un éventuel échec du programme Ariane 6
PRIVILÉGIONS LA MOTIVATION DES SALARIÉS PLUTȎT QUE LE RÉSULTAT ÉCONOMIQUE